J’ai envoyé des centaines de milliers d’emails ces quinze dernières années, et j’ai appris une chose : une adresse email neuve qui balance 500 messages le premier jour finit au spam, point barre.
Voici ce qu’il faut retenir : le warm-up email consiste à augmenter peu à peu le volume d’envoi sur 4 à 6 semaines pour bâtir votre réputation auprès des fournisseurs d’accès. Démarrez à 5-10 emails quotidiens, doublez chaque semaine, et visez des taux d’engagement supérieurs à 25 % pendant toute la phase de chauffe. Les solutions payantes comme Lemwarm ou Instantly automatisent le processus à partir de 12$ par mois, mais une méthode DIY avec Google Apps Script et quelques contacts complices fonctionne tout aussi bien si vous avez du temps devant vous.
L’alternative ? Voir vos campagnes de prospection atterrir directement dans les spams de vos prospects, avec une réputation d’expéditeur ruinée pour des mois. Autant dire que votre ROI marketing prend un sacré coup dans l’aile. La bonne nouvelle, c’est que les mécanismes du email warmup sont désormais bien documentés, et que les erreurs fatales sont faciles à éviter quand on sait où regarder.
Pourquoi chauffer une adresse email est devenu incontournable
Les algorithmes anti-spam de 2026 sont devenus redoutablement efficaces pour repérer les comportements d’expéditeurs frauduleux, et une adresse flambant neuve qui envoie massivement ressemble trait pour trait à un spammer.
Les risques d’une adresse « froide » en 2026
Envoyer 200 emails le jour même de la création de votre domaine, c’est le meilleur moyen de vous retrouver blacklisté chez Gmail, Outlook et consorts avant même d’avoir commencé. Les fournisseurs d’accès à Internet considèrent qu’une adresse sans historique qui balance du volume est suspecte par défaut, vos messages tombent en spam et votre adresse IP hérite d’une réputation catastrophique qui met des mois à se nettoyer. J’ai vu des clients perdre l’accès à leurs prospects pendant six mois parce qu’ils avaient grillé cette étape.
Comment les fournisseurs détectent les nouveaux expéditeurs
Les FAI scrutent une tripotée de signaux : l’âge du domaine, le volume d’envoi, les pics d’activité, les taux de rebond, les plaintes pour spam et surtout l’engagement des destinataires. Une adresse email qui démarre sans historique d’envoi, sans SPF, DKIM ou DMARC correctement paramétrés, et qui balance 500 messages d’un coup déclenche TOUS les signaux d’alerte. Les systèmes de réputation comme ceux de Gmail analysent également les interactions : un email ouvert puis supprimé immédiatement pèse moins lourd qu’un message lu pendant 30 secondes avec un clic sur un lien.
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Le processus de warm-up expliqué : volumes et temporalité
Le warm-up email repose sur une montée en charge progressive qui imite le comportement d’un expéditeur légitime qui développe naturellement son activité.
Le calendrier optimal sur 4 à 6 semaines
La plupart des experts recommandent une période de chauffe entre 4 et 8 semaines1, avec une augmentation quotidienne d’environ 15 % du volume2. Voici le calendrier que j’applique systématiquement pour mes clients :
| Semaine | Volume quotidien | Actions clés | Taux d’engagement cible |
|---|---|---|---|
| Semaine 1 | 5-10 emails | Contacts proches, contenu personnel | > 40 % |
| Semaine 2 | 15-25 emails | Élargir aux contacts professionnels | > 35 % |
| Semaine 3 | 40-60 emails | Introduire des contacts tièdes | > 30 % |
| Semaine 4 | 80-120 emails | Premiers prospects qualifiés | > 25 % |
| Semaine 5 | 150-250 emails | Montée en charge contrôlée | > 20 % |
| Semaine 6 | 300-500 emails | Volume cible atteint | > 18 % |
Les signaux de réputation surveillés par les algorithmes anti-spam
Les FAI construisent votre réputation d’expéditeur en croisant une dizaine de métriques : taux d’ouverture, taux de clics, durée de lecture, suppressions immédiates, marquages comme spam, bounces, désabonnements et surtout les réponses humaines. Un email qui génère une réponse vaut de l’or pour votre réputation, c’est le signal le plus fort qu’un humain réel a jugé votre message pertinent. À l’inverse, un taux de bounce supérieur à 5 % ou un taux de plainte au-dessus de 0,1 % sabote votre score de réputation et peut vous faire basculer en zone rouge chez les principaux fournisseurs.
La méthode DIY : chauffer votre email gratuitement
Un utilisateur Reddit a récemment partagé une méthode gratuite qui a cartonné avec 41 000 vues, prouvant qu’on peut se passer des outils payants si on accepte de mettre les mains dans le cambouis :-).
Préparer votre domaine et vos premiers contacts
La configuration initiale conditionne toute la réussite de votre warm-up email, voici les étapes dans l’ordre :
- Acheter un nom de domaine dédié à votre prospection (jamais votre domaine principal)
- Configurer les enregistrements DNS : SPF, DKIM et DMARC3
- Créer votre adresse email professionnelle (pré[email protected] plutôt que contact@ ou info@)
- Collecter 15 à 20 adresses email de proches, famille ou collègues qui acceptent de jouer le jeu
- Préparer une feuille de calcul avec les adresses, les sujets d’emails variés et un calendrier d’envoi
Automatiser les échanges sans outils payants
L’utilisateur Reddit a brillamment utilisé Google Apps Script pour automatiser l’envoi d’emails avec des intervalles aléatoires, simulant des interactions humaines naturelles4. Le script envoie des messages générés par ChatGPT pour varier le contenu et éviter les filtres anti-spam, avec une montée progressive de 5 emails par jour jusqu’à 50, puis 500 sans accroc. Le code est disponible sur GitHub, permettant à n’importe qui de répliquer la méthode, mais attention à bien demander à vos contacts de répondre aux emails et de les marquer comme importants pour maximiser les signaux positifs.
Surveiller vos métriques de délivrabilité
Installez des outils de tracking comme MailTester ou GlockApps pour vérifier où atterrissent vos emails (boîte de réception, promotions, spam). Surveillez au quotidien votre taux de bounce, votre taux d’ouverture et surtout les réponses reçues, ces métriques vous indiquent si votre réputation se construit correctement ou si vous devez ralentir la cadence. Si vous constatez un taux de placement en spam supérieur à 10 %, stoppez immédiatement l’augmentation de volume et restez au palier actuel pendant une semaine supplémentaire avant de reprendre la montée.
Comparatif 2026 des meilleurs outils de warm-up
Les solutions automatisées ont explosé ces dernières années, avec des prix qui varient de 12 $ à 200 $ par mois selon les fonctionnalités5.
Les 8 solutions testées : Lemwarm, Instantly, Warmy.io et alternatives
J’ai passé plusieurs semaines à tester les principales plateformes de warmup email sur différents comptes clients, voici le tableau de synthèse :
| Outil | Tarif | Taux d’inbox mesuré | Profil utilisateur idéal |
|---|---|---|---|
| Lemwarm | 29 $/mois | 87 % | Freelances et petites agences |
| Instantly | 37 $/mois | 89 % | Équipes commerciales B2B |
| Warmy.io | 49 $/mois | 85 % | Startups en croissance |
| MailFlow | 19 $/mois | 82 % | Budgets serrés |
| Folderly | 79 $/mois | 91 % | Entreprises avec gros volumes |
| TrulyInbox | 39 $/mois | 84 % | Utilisateurs francophones |
| WarmupInbox | 15 $/mois | 80 % | Débutants en cold email |
| EmailListVerify | 12 $/mois | 78 % | Nettoyage de base prioritaire |
Choisir selon votre volume et votre budget
Si vous envoyez moins de 100 emails par jour, WarmupInbox ou MailFlow font largement le job sans exploser votre budget. Pour des volumes entre 200 et 500 emails quotidiens, Lemwarm ou Instantly offrent le meilleur rapport qualité-prix avec des fonctionnalités avancées comme la vérification d’adresses et l’analyse anti-spam. Au-delà de 1 000 emails par jour, Folderly devient rentable grâce à ses algorithmes de correction en temps réel et son réseau de warm-up étendu, même si le ticket d’entrée pique un peu.
Warm-up d’IP dédiée : un processus différent
Le warm-up d’une IP dédiée suit des règles plus strictes que celui d’une simple adresse email, avec des volumes initiaux plus élevés et une surveillance accrue.
Quand passer d’une IP partagée à une IP dédiée
La bascule vers une IP dédiée se justifie en général au-delà de 50 000 emails mensuels, lorsque vous voulez contrôler totalement votre réputation d’expéditeur sans subir les comportements des autres utilisateurs d’une IP partagée. Le piège : vous héritez d’une réputation vierge qu’il faut construire from scratch, là où une IP partagée chez un bon fournisseur bénéficie déjà d’un historique positif. Les plateformes comme Brevo, Mailjet ou Salesforce proposent des IP dédiées dans leurs offres Pro et Entreprise, avec un accompagnement sur le processus de chauffe.
La méthodologie spécifique Brevo, Mailjet et Salesforce
Brevo recommande de démarrer à 3 000 emails par jour avec une augmentation de 15 % quotidienne6, en ciblant prioritairement les contacts les plus engagés des 30 derniers jours. Mailjet propose un calendrier similaire mais insiste sur la segmentation par domaine destinataire, avec une montée différenciée pour Gmail, Outlook et les autres FAI. Salesforce Marketing Cloud va plus loin avec un processus sur 8 semaines et un monitoring automatisé qui ajuste les volumes en fonction des métriques de réputation en temps réel, ce qui explique aussi pourquoi leur solution coûte trois fois plus cher.
Configuration technique pour maximiser votre réputation
Une IP dédiée bien chauffée ne sert à rien si votre configuration DNS ressemble à du gruyère, alors autant mettre les choses au clair dès maintenant.
Paramétrer SPF, DKIM et DMARC correctement
Ces trois protocoles forment le triptyque de l’authentification email, sans eux vous partez avec un handicap insurmontable :
- SPF (Sender Policy Framework) : autorise les serveurs légitimes à envoyer des emails depuis votre domaine. Exemple de record : `v=spf1 include :_spf.google.com ~all`. Vérification sur mxtoolbox.com/spf.aspx
- DKIM (DomainKeys Identified Mail) : signe cryptographiquement vos emails pour prouver qu’ils n’ont pas été modifiés. Exemple de record : `v=DKIM1; k=rsa; p=MIGfMA0GCS…`. Vérification sur dkimvalidator.com
- DMARC (Domain-based Message Authentication) : indique aux FAI comment traiter les emails qui échouent aux vérifications SPF/DKIM. Exemple de record : `v=DMARC1; p=quarantine; rua=mailto :[email protected]`. Vérification sur dmarcian.com
Les réglages avancés qui font la différence (BIMI, authentification DMARC stricte)
Une fois les bases posées, BIMI (Brand Indicators for Message Identification) affiche votre logo dans les clients email compatibles, renforçant la confiance visuelle auprès des destinataires. Le protocole nécessite un certificat VMC (Verified Mark Certificate) qui coûte quelques centaines d’euros par an, mais l’impact sur les taux d’ouverture peut justifier l’investissement pour les marques établies. Passer votre politique DMARC en mode strict (`p=reject` au lieu de `p=quarantine`) bloque carrément les emails frauduleux usurpant votre domaine, un signal fort pour les FAI que vous prenez la sécurité au sérieux, mais attention à ne faire cette bascule qu’après avoir vérifié que tous vos flux légitimes passent correctement l’authentification.
Les erreurs fatales qui ruinent votre warm-up
J’ai vu des dizaines de clients saboter leur warm-up email avec des erreurs bêtes mais dévastatrices, voici le top des bourdes à ne jamais commettre.
Augmenter le volume trop rapidement
Doubler votre volume d’envoi du jour au lendemain parce que vous êtes pressé de lancer votre campagne, c’est le moyen le plus sûr de déclencher les alarmes anti-spam. Les FAI détectent instantanément les pics anormaux d’activité et dégradent votre réputation en conséquence, vous perdez en quelques heures ce que vous avez patiemment construit pendant des semaines. Respectez la règle des 15 % d’augmentation quotidienne maximum, même si ça vous semble lent, c’est le prix à payer pour une réputation solide sur le long terme.
Ignorer les taux d’engagement et les bounces
Un taux de bounce supérieur à 5 % peut faire chuter votre score de réputation de 30 à 40 points chez certains FAI en l’espace de 48 heures7. Pire, un taux de plainte spam au-dessus de 0,1 % (soit 1 plainte pour 1 000 emails) vous place sur liste de surveillance, avec un risque de blacklistage si la tendance se confirme. Nettoyez systématiquement votre base avec des outils comme EmailListVerify avant de commencer le warm-up, et surveillez comme le lait sur le feu vos métriques d’engagement pendant toute la phase de chauffe.
Mélanger prospection froide et contacts chauds pendant le warm-up
Envoyer des cold emails à des prospects inconnus pendant que vous chauffez votre adresse, c’est comme essayer de remplir une baignoire en laissant le bouchon ouvert. Les contacts froids génèrent par nature des taux d’engagement faibles et des taux de plainte plus élevés, ce qui sabote les signaux positifs que vous essayez de construire avec vos contacts chauds. Gardez votre prospection pour APRÈS le warm-up, utilisez uniquement des contacts qui vous connaissent et qui interagiront positivement avec vos messages pendant la phase de chauffe.
Résultats réels : cas d’étude sectoriels
La théorie c’est bien, les chiffres réels c’est mieux, voici trois cas concrets de clients qui ont appliqué ces méthodes avec des résultats mesurables.
Cold emailing B2B : passer de 45 % à 89 % d’inbox en 5 semaines

Un client dans la prospection commerciale B2B démarrait avec un taux de placement en boîte de réception catastrophique de 45 %, le reste finissant en spam ou dans l’onglet Promotions de Gmail. Avant le warm-up, il envoyait 300 emails par jour depuis une adresse créée deux semaines plus tôt, avec un taux d’ouverture de 12 % et un taux de clic de 1,8 %, des métriques bien en dessous des standards du secteur. Nous avons stoppé net ses campagnes pour appliquer un protocole de warm-up strict : démarrage à 15 emails quotidiens auprès de clients existants, augmentation de 15 % par jour, contenus personnalisés générant des réponses, et surtout configuration correcte du SPF, DKIM et DMARC qui manquaient complètement. Après 5 semaines, le taux de placement en inbox est monté à 89 %, le taux d’ouverture a grimpé à 34 % et le taux de clic à 6,2 %, avec un volume stabilisé à 250 emails par jour, preuve qu’un warm-up bien mené transforme radicalement les performances.
Newsletter e-commerce et warm-up post-migration de domaine
Un site e-commerce a dû migrer vers un nouveau domaine suite à un rachat, perdant instantanément toute la réputation construite sur l’ancien domaine. Leur erreur initiale : envoyer leur newsletter hebdomadaire de 50 000 abonnés le jour même de la migration, résultat prévisible avec 68 % des emails en spam et un taux de désinscription qui a explosé à 4,2 %. Nous avons reconstruit la réputation en segmentant la base par niveau d’engagement, en commençant par les 5 000 abonnés les plus actifs des 7 derniers jours, puis en élargissant peu à peu sur 6 semaines. Le taux de placement en inbox est remonté à 92 % après deux mois de travail patient, avec un bonus inattendu : le taux d’ouverture global a augmenté de 18 % par rapport à l’ancien domaine grâce à une base mieux nettoyée.
Sources
- https://captainverify.com/fr/blog/email-warmup-chauffer-ip-nom-de-domaine.html [1]
- https://help.brevo.com/hc/fr/articles/115000204270-Chauffer-votre-IP-d%C3%A9di%C3%A9e [2] [6]
- https://www.reddit.com/r/coldemail/comments/1hhrk4m/how_i_warmed_up_my_email_for_free_a_stepbystep/?tl=fr [3] [4]
- https://www.dropcontact.com/fr/blog/top-10-les-meilleures-solutions-de-warm-up-demails [5]
- https://rc2i.net/conseil-en-referencement/ameliorer-la-delivrabilite-des-emails/ [7]

